It
was a breathless, gray day, leaving the golden woods of autumn
quiet in their own tranquillity, stately and beautiful in their
decaying... C'était un jour
gris, sans un souffle, et les bois d'or de l'automne, tranquilles,
étaient laissés à leur propre quiétude,
majestueux et beaux dans leur déclin, un après-midi,
peu de temps après s'être installée dans un
cottage à Grasmere pour s'occuper du ménage de son
frère William. Elle avait sorti une chaise de cuisine et
un tabouret de traite pour profiter du beau temps et écrire
son journal. Il y aurait plus tard, là où elle était
assise, un jardin, la grand route à sa gauche, les bois
jaunissant à sa droite. Elle remit en place derrière
son oreille une mèche de cheveux rebelle, ouvrit son journal
sur ses genoux, et écrivit: It is a breathless, grey
day, that leaves the golden woods of autumn quiet in their own
tranquillity, stately and beautiful in their decaying.
Johnson, pour « gris »,
préférait gray; William, grey *.
Comme chez Horace, les
mots suivent un l'ordre mais sont libres de former des associations
par eux-mêmes. Leaves [laisse], un verbe, se transforme
aisément en nom, leaves [feuilles], et se lie à
golden, car ce sont des feuilles d'or qu'elle regarde.
Aux enfers, où la végétation est toute entière
en métal, les feuilles sont en or, et les fleurs minérales
ou de cristal. À l'automne Proserpine retourne au royaume
de l'artifice, où la pierre et le fer inanimés prétendent
être des pommes et des poires. Le déclin automnal
est le chagrin éprouvé par la nature au moment du
départ.
Jusqu'à ce qu'elle
écrive autumn [automne], sa phrase était
en anglais. Puis le latin commença à s'infiltrer:
quiet [tranquille] et son cousin tranquillity [quiétude],
comme si le langage plus ancien avait le pouvoir de nous jeter
un sort lorsque nous écrivons. Decaying [déclin],
elle le savait, signifie tomber, et c'est ainsi qu'elle parvient
à entrelacer deux racines en attachant fall [automne,
tomber] à autumn. Elle ne peut empêcher decay
[déclin] de signifier pourriture. Standing
[se dresser] se retrouve, dissimulé, dans stately
[majestueux]. Les arbres se dressent sur leur territoire. César
(elle l'imagine à cheval) introduisit bella en Gaule.
À Hastings, dans les bagages du roi nordique Guillaume,
le mot était devenu beau, et à son substantif
beauté nous, les Anglais, avons ajouté le
full de beautiful.
Breathless [sans un souffle] est un mot juste, même
s'il signifie à la fois l'immobilité du vent lors
d'une journée aussi calme que celle-là, et le fait
de ne pas respirer, comme dans la mort. Proserpine connaissait
bien ces deux sens.
Le gris est une couleur
de mort, et pourtant il est les nuages, qui sont de l'eau, haute
et froide, source de vie, grisonnant dans le ciel.
C'est un jour gris,
sans un souffle, et les bois d'or à l'automne, sans répondre,
sont laissés à leur propre sérénité,
royaux et dignes dans leur mort. It is a breathless, gray day,
that leaves the golden fall woods unanswering in their own stillness,
kingly and comely in their dying.
* William Wordsworth (1780-1850) et sa soeur Dorothy (1771-1855); Samuel Johnson (1709-1784)
Traduit de l'anglais par B. Hoepffner